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Conférences

   La Conférence de la paix (Traité de Versailles) avait dépouillé le Reich allemand d'une de ses provinces, la Sarre. Une disposition accordait à la France, en compensation de la destruction de l'industrie minière du Nord, « la propriété entière et absolue, exempte de dettes et de charges, des mines de charbon dans le bassin de la Sarre » et le « droit d'exploitation exclusif ». Dans le même temps, il était prévu qu'à l'expiration d'un délai de quinze ans, à compter de l'entrée en vigueur du Traité de Versailles, se tiendrait un plébiscite par lequel la population du territoire aurait à se prononcer sur la souveraineté sous laquelle elle voudrait être, allemande ou française, ou pour le maintien du statu quo.

A propos des « propriétés minières cédées et de leur exploitation », il y est précisé que le transfert de la propriété privée des gisements de houille est effectué en faveur de l'État français. Selon l'article 16, "le gouvernement du territoire du bassin de la Sarre sera confié à une Commission représentant la Société des Nations"(SDN). Cette Commission avait tous les pouvoirs de gouvernement qui appartenaient jusqu'alors aux autorités allemandes. Toutefois, les lois allemandes restèrent en vigueur et les tribunaux allemands furent maintenus. Taxes et impôts étaient fixés par la Commission, selon le système fiscal allemand, et uniquement pour les besoins de la Sarre. Sous le contrôle de la Commission, les habitants de la Sarre conservèrent également leurs assemblées locales (droit de vote pour tout habitant âgé de plus de 20 ans), leurs libertés religieuses, écoles et langue. Enfin, si le service militaire fut supprimé, une gendarmerie locale fut autorisée pour le maintien de l'ordre.

C'est en janvier 1919 que se déroulèrent les premières élections de l'Assemblée sarroise dont le «  Zentrum » sortit vainqueur, devant le SPD. Ces deux partis resteront les principales forces politiques sarroises durant cette période. En 1922, contrairement à ce que le traité prévoyait, la population sarroise obtint également de la SDN la création d'un Conseil du Land élu, sorte de gouvernement local, mais aux prérogatives très limitées par rapport à la Commission.

Dès le début de l'application du traité, les choses sont claires: l'article 17 stipule "qu'à l'expiration d'un délai de quinze ans, la population du territoire du bassin de la Sarre sera appelée à faire connaître sa volonté suivant trois alternatives possibles: a) maintien du régime établi par le traité; b) union à la France; c) union à l'Allemagne". Malgré les efforts de la France pour renforcer son influence en Sarre, le nationalisme allemand, à l'image de ce qui se passait dans le reste du pays, ne va cesser de progresser. Lorsque le plébiscite eut lieu, le 13 janvier 1935, les habitants du bassin de la Sarre se prononcèrent à une écrasante majorité (90,5% des voix) pour l'union à l'Allemagne qui, conformément aux clauses du traité, racheta les mines de charbon à la France.


Conférencier : Albert DESCAMPS


             -    membre du Cercle d'Histoire Locale de Creutzwald

             -   membre de la Société d'Histoire du Pays Naborien


Vendredi 12 Avril 2013 à 20 h salle des conférences à la Médiathèque de Creutzwald La question sarroise Wahlplakat_KP_Saarstatut_1954_saar-nostalgie.de entre 1920 et 1935
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